février 28

C’est l’histoire de la rencontre de Velours avec Patrick et Martine …

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Velours était un joli chat noir d’environ 5 ans au pelage soigné, avec une petite touffe de poils bien blancs à la base du cou. Il vivait dans les jardins d’une petite rue du centre de Périgueux. Il a été abandonné par son maître en août 2019, lorsque celui-ci est parti en maison de retraite.

Lorsque nous nous en sommes aperçus, mon épouse et moi, nous avons pris l’habitude de le nourrir sans vouloir toutefois l’adopter, une des principales raisons étant que nous songeons à partir vivre en appartement et que Velours avait l’habitude de flâner en liberté. Pour ne pas le déraciner, nous avons pensé proposer aux futurs acquéreurs de notre maison que nous comptions vendre en 2020 de l’adopter pour de bon, mais le Covid a différé nos projets.

Nous avons donc continué à nourrir Velours sur le seuil de la porte de jardin et il connaissait bien le rituel. D’abord il voyait les volets de la chambre s’ouvrir et il miaulait pour signaler qu’il était là, fidèle au poste. Ensuite, à l’ouverture du volet électrique de la baie, il passait son museau dès que possible, puis se dressait contre la vitre. Une fois rassasié, il lui fallait aussi quelques caresses. Il mangeait toujours rapidement et s’interrompait souvent pour regarder autour de lui, car parfois un matou ou un autre venait lui disputer sa pitance. L’hiver 2019-2020, il n’a pas fait froid.

Nous avions tout de même installé une niche à chats dans notre cabane de jardin, pour qu’il puisse s’y abriter en cas de besoin. En fait, nous avons su qu’il dormait le plus souvent sur le palier de son ancienne maison munie d’une chatière, au dernier étage pour ne pas être dérangé. L’hiver 2020-2021 arrivant, nous avons cherché à lui trouver une famille d’adoption. Nous avons signalé son existence au Ccas de Périgueux, au cas où une personne abonnée au portage de repas aurait pu s’y intéresser et nous avons également commencé à en parler début décembre à Sos Chats Libres.

Et puis à la mi-décembre, pas de Velours à l’ouverture des volets… un jour, deux jours, cinq jours…

Je mène mon enquête dans le voisinage et j’apprends qu’un chat noir mal en point a été vu sur le trottoir quelques jours plus tôt. Mal en point ne signifie pas décédé. J’imagine que peut-être une bonne âme l’aura conduit chez un vétérinaire et je relève le téléphone de tous les vétérinaires de l’agglomération.

Au bout du troisième appel, j’ai effectivement confirmation qu’un chat correspondant à cette description leur a bien été amené quelques jours plus tôt, mais que probablement heurté par une voiture, il n’a pas survécu à ses blessures…

Ainsi s’est terminée peu avant Noël la vie de Velours qui est resté pour sa dernière année d’existence un chat libre, mais dont nous avions espéré qu’il passerait la mauvaise saison actuelle au coin du feu, chez une personne âgée, se tenant compagnie l’un à l’autre…

La présence de Velours tous les matins nous était familière et il nous manque. Comme chez les humains, les animaux restent un peu vivants quand il y a quelqu’un pour penser à eux après leur disparition.

Velours aimait se prélasser sur notre terrasse ou sur notre mur et sa dernière année d’existence n’aura pas été malheureuse.

Patrick et Martine P.

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